Controverse Décodex : penser la qualité de l’information comme un Commun


SavoirsCOM1

Nul ne contestera que les enjeux de l’évaluation de l’information sont de plus en plus importants et que l’outil [développé par lemonde.fr] peut avoir un réel intérêt pédagogique en contribuant à développer chez les internautes une  attitude critique et une culture de l’information.
Pour autant, il semble essentiel de ne pas s’en tenir au seul jugement des Décodeurs (juge et partie parmi les sites de presse) et de développer une réflexion sur le principe même d’une labellisation des sites. L’éducation à l’information ne peut pas être accaparée par un seul journal, aussi légitime soit-il, alors que de nombreux acteurs (bibliothécaires, journalistes, professeurs documentalistes, enseignants, modérateurs, etc.) détiennent des compétences en la matière et pourraient mettre en commun cette culture informationnelle. À l’instar du Monde, on peut aisément imaginer que d’autres proposeront leur propre système d’évaluation – servant leurs propres intérêts –, qu’il s’agisse de plates-formes privées comme Facebook, des conspirationnistes eux-mêmes ou de l’État, qui trouverait là un moyen de restaurer une régulation par en haut de l’Internet.

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Pas de libertés sans communs, pas de communs sans libertés

Ce texte reproduit un communiqué publié par le collectif SavoirsCOM1 le 20 novembre 2015.


Le collectif SavoirsCom1 exprime ses plus vives inquiétudes en réaction à la pente sécuritaire que le et la grande majorité des représentants/élus/politiciens semblent suivre, suite aux attentats survenus le 13 novembre dernier.

L’adoption à une écrasante majorité par l’ du projet de loi prolongeant l’état d’urgence pour une période de 3 mois en est une première manifestation. Mais le pire est sans doute à venir, notamment dans le cadre de la réforme de la Constitution annoncée par le Président de la République.

En tant que collectif dédié à la promotion des communs de la connaissance, nous tenons aujourd’hui à dénoncer cette spirale sécuritaire, parce qu’il y a un lien consubstantiel entre les Communs et les libertés fondamentales.

Depuis la création du collectif SavoirsCom1 en 2012, nous avons œuvré pour la défense des Communs, parce que nous avons la conviction qu’ils sont une condition de l’exercice concret des droits de l’homme, notamment par l’accès à l’information, à la culture et à la connaissance. Et, s’il n’y a pas de libertés effectives sans Communs, il n’y a pas non plus de Communs possibles sans garantie des libertés.

Ce rapport étroit entre Communs et libertés remonte à leurs origines. C’était le sens de la Magna Carta, la première grande Charte les libertés du peuple anglais adoptée au XIIIe siècle, qui a servi de matrice aux déclarations des droits de l’homme qui ont suivi dans l’histoire. Ce texte consacrait pour la première fois des droits opposables au Souverain, pour garantir la sûreté des individus contre l’arbitraire et leur offrir des recours en justice. La Magna Carta a été complétée ensuite par la Charte des Forêts, premier instrument juridique à reconnaître et protéger les droits d’usage liés aux Communs. Ces deux textes constituent en réalité les deux faces inséparables d’une même pièce.

Pour créer et administrer des communs, les groupes ont besoin de pouvoir se former et exercer leur d’opinion, d’expression, de réunion, de déplacement et de manifestation. C’est cette possibilité d’agir collectivement que l’installation d’un état d’exception permanent va gravement affecter. Or, comme l’ont montré Pierre Dardot et Christian Laval dans leur ouvrage Commun, la capacité d’action collective des groupes constitue le « principe politique du Commun ».

Notre collectif a demandé à de nombreuses reprises que l’État se fasse le « garant des communs », notamment par des politiques publiques permettant de les protéger contre les enclosures et de favoriser leur développement. Le premier devoir de l’État est par ailleurs de garantir les libertés fondamentales. Au lieu de cela, il se dote d’un arsenal législatif qui vise à en limiter l’exercice au nom de la sécurité. La criminalisation d’un grand nombre d’usages en ligne nous inquiète particulièrement, car elle dénie la capacité d’Internet à servir de support à l’action collective.

Les attentats brutaux qui ont frappé le pays sont eux-mêmes une attaque directe des libertés auxquelles nous proclamons ici notre attachement. La lutte contre le terrorisme ne doit pas produire le même effet en compromettant les droits les plus fondamentaux et en escamotant le nécessaire débat sur les causes de ces atrocités et les moyens d’y faire face.

Pas de libertés sans communs, pas de communs sans libertés. Nous appelons tous les acteurs partageant cette conviction à manifester par tous les moyens leur opposition la plus ferme à la dérive sécuritaire à laquelle nous assistons, et à dénoncer le discours unanimiste dont elle se drape.

Pour qu’Anne Frank ait enfin droit à la lumière (du domaine public)

Pour protester contre la décision, à la fois scandaleuse et illégale, des éditeurs et ayants droit d’Anne Frank de retarder l’entrée de son Journal dans le domaine public en 2016, je soutiens l’action engagée par Olivier Ertzscheid sur son blog (lire son très beau billet) et propose au téléchargement les fichiers e-pub de ce texte, qui, plus que tout autre, devrait être offert à l’humanité…

  • Version censurée par le père d’Anne Frank
  • Version non censurée

[mise à jour le 10 novembre]

Plusieurs des personnes à l’origine de cette action, dont Olivier Ertzscheid, ont reçu depuis une lettre de mise en demeure de la part de l’éditeur Le Livre de poche, les enjoignant au retrait des fichiers qu’ils avaient illégalement rendus disponibles. Bien que n’ayant pas reçu moi-même ce courrier, je retire à mon tour et en accord avec ces personnes les liens vers ces fichiers (afin, notamment de respecter les droits des traducteurs).
Nous restons cependant plus que jamais déterminés à accueillir, au 1er janvier 2016, et conformément à la loi, l’œuvre d’Anne Frank dans le domaine public. « Parce que le domaine public n’est pas « Het Achterhuis », il n’est pas cette « annexe », il est notre maison commune, celle de l’échange, celle du souvenir, celle où se construit et se perpétue la mémoire collective grâce à l’accès autorisé aux œuvres, sans contraintes, sans restrictions, sans dissimulation. »

Économie d’écran, ou la peinture recouverte par la pub

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L’Atelier des icônes

En fait “d’odyssée numérique au sein des tableaux”, l’exposition Révélations présentée par le Petit Palais nous assène ce qui se fait de plus indigent comme discours sur l’art de peindre aussi bien que sur l’art de regarder…

Lire la suite sur Culture visuelle (blog d’André Gunthert)
mis en ligne le 11 octobre 2010

Pour citer cet article

Louise Merzeau “Économie d’écran, ou la peinture recouverte par la pub”, L’Atelier des icônes, mis en ligne le 11 octobre 2010, [En ligne] http://culturevisuelle.org/icones/1137

Michael Jackson ou le traité du spectacle

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L’Atelier des icônes

Il est mort et il va mourir. Ce que Barthes avait vu dans la photo de Lewis Payne, nous le voyons ici s’étirer sur toute la durée d’un film, montage d’images tournées pendant les dernières répétitions d’un concert fin prêt, mais qui n’aura pas lieu…

Lire la suite sur Culture visuelle (blog d’André Gunthert)
mis en ligne le 12 novembre 2009

Pour citer cet article

Louise Merzeau “Michael Jackson ou le traité du spectacle”, L’Atelier des icônes, mis en ligne le 12 novembre 2009, [En ligne] http://culturevisuelle.org/icones/109